Amandine Gay : Une Afro-féministe qui repousse les barrières

Amandine Gay est une réalisatrice, comédienne et universitaire âgée de 33 ans. En octobre 2017, elle auto-produit son film : « ouvrir la voix ». Dans lequel 24 femmes noires parlent de leur vécu. Son parcours dans le monde du cinéma dénonce les inégalités et discriminations dont ces femmes sont victimes.

Un large sourire qui fait apparaitre une fossette sur sa joue gauche. Une voix posée pleine d’assurance et de détermination. Amandine gay la tête haute, coiffée d’un afro, semble fière de ce qu’elle est : une femme noire, adoptée, pansexuelle et instruite. C’est une femme qui organise sa vie autour de questions politiques en faisant de la pige, des reportages, en participant à des événements ou des conférences. Elle sensibilise la population sur les problématiques raciales, de genre et d’orientation sexuelle.

Amandine Gay réfléchis longtemps avant de sauter le pas et réaliser son rêve : devenir comédienne. « J’ai passé beaucoup de temps dans ma vie personnelle à lutter contre les clichés, je ne voulais absolument pas être cette fille noire qui chante et qui danse. Puis au bout d’un moment je me suis dit que je n’étais pas obligée de prouver que je n’étais pas un cliché de fille noire ». Une fois diplômée, elle enchaîne les castings.

Finalement, elle se rend compte que dans l’industrie du cinéma les rôles qu’on propose aux noires sont stéréotypés : une personne droguée, une prostituée, une sans-papiers qui fait des allers et retours en prison ou alors on demande de faire des accents antillais ou africains. « En cinq ans de carrière je n’ai eu que deux rôles « normaux », un rôle d’avocate dans une série de TF1 et un rôle au théâtre, dans lequel j’incarnais plusieurs personnages différents. ». Une situation qui laisse place à la frustration. Amandine ne sait plus quoi faire. Un jour un ami lui dit de se lancer et d’écrire ses propres scénarios afin de jouer les rôles dont elle a envie.

Montrer qu’on existe

Le documentaire est construis à partir de son expérience, du moment où elle découvre qu’elle est noire au moment où elle décide de quitter la France pour vivre à Montréal. Elle interroge 24 femmes. Venues de France et de Belgique. Toutes noires. Certaines sont des amies, d’autres des collègues. Elles se débrouillent à trois pour le tournage. La route a été longue et semée d’embuchesLe CNC refuse de lui accorder des aides. La postproduction est une étape très couteuse. Son équipe n’a pas les compétences requises. La réalisatrice fait donc appel au Crowdfunding. Elle récolte 17 000 euros et dépasse l’objectif initiale de 12 000€. Aucune boite de distribution n’acceptent de diffuser son documentaire. Les commentaires négatifs se multiplient : « c’est un film de niche ». Elle décide alors de créer sa propre boite, « Bras de fer production et distribution ».

Humble, la réalisatrice ne veut pas que la morale de son histoire soit : « quand on veut on peut ». Non, elle veut qu’on comprenne qu’il y a un problème. La dernière femme noire à avoir réalisé un film avec une sortie nationale est Euzhane Palcy. En 1984. Que c’est-il passé entre temps ? Aux États-Unis on trouve plusieurs femmes réalisatrices de télévision et de cinéma. Ava DuVernay avec son documentaire le 13e ou encore le film Selma (2014). Shonda Rhimes qui réalise Grey’s anatomy. Oprah Winfrey qui détient OWN, sa propre chaîne de télévision.

Amandine gay est une femme résiliante. Malgré les écueils elle réussi son projet après quatre années de lutte. Il est projeté dans plusieurs cinémas de France ainsi qu’au Québec. Son oeuvre donne une voix aux minorités. Pour elle c’est « montrer qu’on existe ».

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